L’art d’être un slasheur

liberté sens slasheur

Pourquoi se cantonner à un job, une activité, un seul rôle ? Dans notre univers multitâche qui évolue sans cesse, on est habitués à être de vrais caméléons. Certains appliquent ce concept également à leur vie professionnelle : les slasheurs.

Un slasheur exerce plusieurs activités professionnelles en parallèle. Pourquoi ce nom ? Pour les slashes (barres obliques) qui s’additionnent sur les profils pour faire comprendre leurs activités multiples.

exemple slasheur

En France, il y a 4,5 millions de slasheurs (16% de la population active)1. Le phénomène s’applique à toutes les générations même si les moins de 30 ans sont les plus concernés (22% des jeunes actifs ont au moins deux activités). On est loin derrière les Etats-Unis et leurs 30 millions de slasheurs. Là-bas, un tiers de la population active a un statut d’indépendant.

Il existe deux types de slasheurs. D’abord, ceux qui n’ont pas le choix et doivent cumuler plusieurs activités pour obtenir un revenu décent. Puis, la deuxième catégorie qui choisit d’être slasheur, car c’est le modèle qui leur permet de s’épanouir. Ils sont 64% à être pluri-actifs par choix. Pour certains, c’est une évidence.

 

Être slasheur : choisir l’équilibre et la liberté

Le marché du travail plonge un grand nombre de personnes dans la précarité. En effet, il ne garantit plus un emploi à vie. Ce qui peut être perçu comme un fardeau ou comme une opportunité. Être un slasheur, c’est surfer sur cette tendance et prendre le contrôle de sa vie professionnelle. On se crée un job sur-mesure qui prend en compte toutes les jolies facettes de notre personnalité. Il y a de nombreuses combinaisons possibles pour être un slasheur : freelance, micro-entrepreneur, associé, dirigeant, salarié, etc.

C’est une réelle liberté qui permet de développer une grande palette de compétences et une forte flexibilité. Contrairement à ce qu’on peut penser, être slasheur n’est pas un vecteur de précarité, mais plutôt de sécurité. Car en ayant plusieurs activités, on ne se retrouve pas “sans rien” lorsqu’un contrat tombe à l’eau, on peut plus facilement rebondir grâce à nos autres activités. Attention, ce n’est pas toujours le cas, cela demande une excellente organisation, de la trésorerie d’avance, etc. Mais on peut ainsi créer notre indépendance.

Malheureusement, les mentalités ne sont pas encore complètement ouvertes aux slasheurs. Et c’est bien dommage ! Les actifs doivent répondre à la flexibilité croissante que demandent les employeurs, mais face à cela, ces profils sont encore perçus comme atypiques et créent davantage la suspicion que l’intérêt. Voilà pourquoi de nombreux slasheurs cachent leurs activités parallèles.

Malgré cela, l’engouement est croissant. Aujourd’hui il est de plus en plus facile de se lancer et notamment grâce à ces trois facteurs2 :

  • Le régime du micro entrepreneur a simplifié l’exercice légal d’une activité complémentaire
  • Les plateformes en ligne permettent à l’offre et à la demande de se connecter et de se multiplier
  • Les technologies ont facilité le travail nomade

 

Être slasheur : une réponse au manque de sens

L’ennemi numéro un de l’épanouissement professionnel : l’ennui. Et ce n’est pas une mince affaire. L’ennui au travail, qu’on nomme également le bore-out, concerne 30 % des salariés3. Un ennui prolongé au travail provoque un sentiment d’inutilité. On se demande ce qu’on fait là et quel est notre rôle dans la société. On peut ressentir alors un manque de sens dans sa vie professionnelle. On parle alors de brown-out, et oui, il y a un nom pour tout.

Ticket For Change a même fait une étude sur “Le gâchis des talents en France”. On en retient que 94% des Français ont envie d’agir pour contribuer à résoudre un enjeu de société. Et seulement 20% d’entre eux passe à l’action. Pour eux, deux freins majeurs les en empêchent : le financement (50%) et le temps (43%).

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Bref, fini les constats déprimants, tout ça pour dire qu’il est grand temps de développer nos talents et de les mettre à disposition de ce qui nous plaît. Après tout, on passe en moyenne 80.000 heures de notre vie à travailler!

En choisissant le domaine, le sujet et le client sur lequel il s’implique, le slasheur rééquilibre sa vie entre satisfaction et sécurité. C’est tout un art que de jongler entre les envies et les nécessités. Généralement, les slasheurs pratiquent différentes activités, mais garde un fil rouge. Par exemple, pour Marielle Barbe qui est consultante/formatrice/auteure de “Profession Slasheur”, chaque activité bénéficie à une autre.

Alors, les slasheurs ont-ils de l’avenir ?

Oui, car c’est plus qu’une mode ou qu’un nouveau mot, c’est une vraie ouverture vers le futur. On se dirige vers une organisation horizontale autour d’une communauté de talents. Des talents qui (re)donnent du sens à leur vie professionnelle en s’adaptant à eux-mêmes et au marché du travail.

Mélanie


 

  1. “Profession slasheur : Cumuler les jobs, un métier d’avenir” de Marielle BARBE (2017)
  2. Propos d’Alain BOSETTI, président du Salon des Micro-entreprises
  3. “Le Bore-out syndrom: Quand l’ennui au travail rend fou” de Christian BOURION (2015)

3 Replies to “L’art d’être un slasheur”

  1. Tú vas percer toi dis donc !!!! 🤣😘😄

  2. Ouf, merci Mélanie, je me sens un peu moins “extra-terrestre” grâce à cet article 🙂

    1. J’espère que bientôt on ne se sentira plus du tout extraterrestre mais juste épanoui 🙂

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